extraits de paysages





TONGARIRO

Grès enfumé
et grès cuit en Anagama


“Il s’agit d’un endroit où la terre, la poussière et le fer ne font qu’un. Sur les reliefs accidentés se déploie le nuancier des oxydations du métal.
En montant, sur les flancs des volcans, la végétation timide essaie de se réimplanter, de reconquérir les étendues brûlées.
On pourrait croire à un endroit sinistré.
Pourtant, au creux des cratères, au cœur de la Terre, on s’approche si près du lieu de l’œuvre géologique qu’on peut la sentir frémir.”

carnet de randonnée
février 2018






PANAT

Série limitée de gobelets tournés

Terres de récolte
et cendres végétales


Collection privée


“J’ai convaincu ma soeur de m’accompagner,
il faut être plusieurs pour ramasser de l’argile dans la grotte.
Une qui éclaire, une qui récolte.

Dans la clairière, sous la mousse et le lierre coule la source qui alimente, plus bas, la cascade de Panat.
Au printemps, elle s’échappe des failles calcaires de la falaise plutôt que de l’entrée de la cavité rocheuse ; on peut alors accéder à la grotte.

L’eau qui emplit la grande salle pendant la saison pluvieuse s’est retirée. En s’en allant, elle a laissé derrière elle l’argile, déposée partout sur les reliefs des galeries.

Dans le halo de la lampe, se révèlent les traces de ceux qui sont passés. Des marques de doigts sillonnent les parois perlées d’humidité. Au loin, on entend résonner les gouttes qui tombent dans le lac souterrain. C’est un espace énigmatique, on en perçoit l’immensité mais on n’entrevoit que ce qu’éclairent les torches.

C’est aussi pour ça qu’il faut être deux, pour ne pas flancher.”


Cueillette d’argile dans la grotte de Panat,
Printemps 2020



Clémentine Causse
© 
2022